vendredi 6 mai 2016

Dr William Pierce : Pourquoi si peu de patriciens blancs soutiennent-ils notre cause ?


Traduction d’un entretien donné en 1977 par William Luther Pierce dans le journal Attack ! Nous avons traduit « notables blancs influents, fortunés et respectables » par « patriciens blancs ».

Question : Les propos que nous lisons dans Attack ! semblent frappés au coin du bon sens. Je vois bien que le public à qui on a lavé le cerveau, a grand besoin de lire ce journal pour recevoir l’antidote aux mensonges déversés par les médias. Mais je ne comprends pas pourquoi il y a si peu de notables pour nous aider, je pense à des capitaines d’industrie, des haut-fonctionnaires, des généraux, des amiraux, des célébrités ou des présidents d’université. J’imagine qu’ils ne mangent pas tous dans la main de l’ennemi, n’est-ce pas ?

Réponse : En un sens si, presque tous, aussi surprenant que cela puisse paraître. Ils mangent dans la main de l’ennemi, au sens où leur intérêt bien compris est de faire perdurer le système et donc de défendre l’orthodoxie idéologique en vigueur. Je dirai même plus : ils sont enferrés dans ses mensonges, au point que certaines idées leur deviennent impensables, certaines vérités inadmissibles.

Un homme qui a atteint un statut élevé dans notre société a pu y parvenir en assimilant un certain schéma de comportement, qui correspond à des normes comportementales bien établies. Dans des conditions où il pourrait, à d’autres égards, être disposé à se rebeller contre la domination étrangère et la subversion de la société dans laquelle il a réussi, il ne le peut plus.

Comme son schéma de comportement est un acier qui a été trempé, il ne peut plus changer sa manière d’être, même s’il le voulait. De même, le statut social pour lequel il a déployé tant d’efforts le tient dans des chaînes très solides. Il ne doit pas – il ne peut pas – désavouer son propre patriciat. Il n’osera pas embrasser un corps d’idées que ses semblables tiennent en piètre estime.

On mesurera mieux la force de ces chaînes en considérant quelques analogies historiques.

Il y a un siècle, les dignitaires des sociétés occidentales vouaient aux gémonies le plus grand révolutionnaire de leur temps, Charles Darwin. Parmi ces dignitaires, on trouvait des hommes instruits, sophistiqués, et même quelques scientifiques extrêmement compétents, comme Louis Agassiz, grand naturaliste, et John Herschel, astronome.

Ils condamnèrent Darwin, parce que sa conclusion, affirmant le fait de l’évolution biologique par le moyen de la sélection naturelle, contredisait les mythes hébraïques qui sont dans le livre de la Genèse.

Il peut sembler incroyable de nos jours que des scientifiques aient pu croire un instant à de telles inepties, mais le fait est qu’au XIXème siècle, croire en la lettre de l’Ancien Testament était la règle qui s’imposait, sans aucun doute ni murmure, à tout membre « respectable » de la société, exactement comme les mythes égalitaro-humanistes de la religion télévisuelle actuelle sont acceptés sans murmure.

Ceux qui auraient pu soutenir Darwin n’étaient tout simplement pas en état de le faire. Leurs esprits étaient trop fermement harnachés par les chaînes de la convention. Ils étaient conditionnés, comme des chiens de Pavlov, à rejeter, sans examen, toute idée qui a mauvaise réputation.

Il fallait un courage et une force de caractère immenses pour contrecarrer l’instinct grégaire, pour accepter, même à part-soi, l’idée vraie mais hérétique, c’est-à-dire hérétique dans la communauté de ses pairs. À tout âge, même au nôtre, très peu de gens possèdent un tel courage.

Gallileo Gallilei n’a pas été forcé de désavouer ses découvertes scientifiques par des cyniques ou des ignares, Giordano Bruno n’a pas été condamné au bûcher par une foule d’abrutis et de péquenauds, quand il a rejeté les sornettes anthropomorphiques juives de l’Ancien Testament.

Ceux qui ont menacé Galilée du supplice du chevalet et qui ont jeté Bruno dans les flammes étaient sans aucun doute des gens intelligents et sincères – mais ils n’avaient pas la force morale suffisante pour être hérétiques, pour se couper moralement et intellectuellement de leur groupe de pairs et de la société « respectable » de leur époque.

C’est la triste réalité que plus un homme réussit dans la société et s’assure un statut élevé, plus son âme et son esprit se trouvent prisonniers des conventions, et plus il a du mal à s’en libérer.

Aujourd’hui, un ancien sénateur ou un président d’université peut moquer en public ceux qui ont condamné Darwin. Il peut même moquer en privé, ou parmi son groupe de pairs, ceux qui ont brûlé Bruno, dont les conceptions restent hérétiques pour la plupart des gens aujourd’hui. Mais il ne peut pas violer les moeurs intellectuelles de son propre groupe de pairs. Ce serait cela, la véritable hérésie, qui a été de tout temps le fait d’une toute petite minorité.

Finalement, cette tendance écrasante à la conformité intellectuelle a de bonnes et naturelles justifications : elle garantit la stabilité sociale. Mais hélas, celle-ci est tout autant un obstacle au progrès qu’à la régression sociale.


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