dimanche 11 septembre 2016

Karin Kneissl : « Des millions de migrants économiques africains arrivent et 90% resteront »


LES OBSERVATEURS - Karin Kneissl est une ancienne diplomate autrichienne, spécialiste du Moyen-Orient. Co-fondatrice de Médecins Sans Frontières en Autriche et vice-présidente de la Société autrichienne pour les études politico-militaires  STRATEG. Elle a vécu et voyagé tant au Moyen-Orient que dans divers pays d’Afrique.

Pour cette spécialiste, « la chancelière allemande Angela Merkel a tout déclenché. Bien sûr, son attitude constante et persistante dans la politique d’asile a eu un effet de pompe aspirante » .

 Par conséquent, pour Madame Kneissl « le nombre de personnes qui veulent quitter leur pays d’origine pour tenter leur bonheur économique en Europe monte en flèche. Par exemple au Nigeria, sur 200 millions de personnes, 100 millions sont prêtes à quitter le pays immédiatement, c’est ce qui va attendre bientôt l’Europe. Mais même au Sénégal et au Ghana, qui se portent même mieux que certains pays d’Europe du Sud sur le plan du chômage, il y a une envie effrénée d’aller vers le nord.

Autour de 900.000 migrants seraient actuellement en Libye, et environ 200.000 semblent déjà avoir les moyens (argent pour les passeurs) pour effectuer immédiatement le voyage en Europe ou seraient déjà en train en chemin.

Le Ministre de la défense italienne n’embellit rien quand il déclare qu’on ne peut pas parler d’un relâchement : Nous ne savons pas combien de temps l’Italie va tenir. Peut-être encore quelques mois, peut-être même tout l’hiver. Mais sur les côtes italiennes arrivent chaque jour des milliers de migrants en provenance d’Afrique. Au nord de l’Italie, il y a déjà eu les premières émeutes»

 Le signal de ré-invasion de l'Europe a été lancé par la droite allemande.

 Et ces émeutes montrent que la plupart des migrants ne veulent pas rester en Italie, parce qu’ils sont encore influencés par la politique d’invitation de Merkel et qu’ils veulent aller en Allemagne (en passant par l’Autriche). Et les autorités italiennes ne leur donnent de l’argent que s’ils s’engagent par écrit à quitter le pays dans les deux semaines.

Et si vous calculez que la population de l’Afrique de l’Ouest (actuellement 320 millions) va presque doubler d’ici 2050 à 650 millions, on peut imaginer à quoi va ressembler l’avenir de l’Europe si chaque migrant arrivant par bateau va être amené automatiquement sur le continent européen.
Un problème supplémentaire pour l’experte Kneissl consiste dans le fait qu’il n’existe presque aucun accord de rapatriement entre les pays africain et l’UE, ce qui rend donc impossible l’expulsion de ces migrants économiques vers l’Afrique.

L’analyse du service d’information est consacrée à ce sujet avec des termes étonnamment clairs qui enlèvent toute l’illusion: « L’absence de conditions juridiques ou techniques pour les rapatriements débouche souvent sur un statut de séjour à long terme des personnes concernées. »

En langage clair, cela signifie que jusqu’à 90 pourcents des migrants qui ont réussi à venir jusqu’en Autriche y resteront. Un collaborateur du ministère a déclaré: « Par conséquent, nous devons protéger nos frontières le mieux possible. »

Un autre gros problème pour Madame Kneissl réside dans le fait que beaucoup de migrants venus en Europe perpétuent leurs conflits ethniques, sociaux et religieux aussi ici avec violence, non seulement comme le démontre l’exemple entre Kurdes et Turcs. Car quotidiennement, des médias de toute l’Europe informent au sujet des conflits interculturels (bagarres, coups de couteau, etc.) entre les différents groupes ethniques, principalement des illégaux – et pas seulement dans les camps de réfugiés.

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