dimanche 11 septembre 2016

La France accueille les premiers "réfugiés" originaires d'Allemagne


LE POINT - Ils ont quitté l'Irak pour la route de l'exil à travers l'Europe. Un an après son arrivée en France, la famille Merkath savoure d'avoir été accueillie comme des "réfugiés cinq étoiles".

En nageant dans la mer qui borde la plage de Cabourg (Calvados), Ali Merkath exulte : "Allez la France ! Allez les bleus !"

Son français est encore hésitant, mais cela lui suffit à exprimer sa reconnaissance envers le pays qui l'a fait venir d'Allemagne le 9 septembre dernier, pour soulager Berlin face à l'afflux de migrants qui arrivaient en grand nombre à l'été 2015.


Il se baigne avec l'impression d'être à mille lieues de cette mer menaçante qu'il avait fallu traverser entre la Turquie et la Grèce sur le bateau d'un passeur avec sa femme Tahrir, sa fille Nabaa et son fils Abdullah.

Short rose à fleurs et sourire creusant une fossette sur sa joue, Abdullah a maintenant six ans. Lui aussi apprécie cette "piscine", dont il a profité jeudi avec sa famille et 5.000 autres petits Franciliens emmenés à la plage par le Secours populaire.

A la rentrée, il sera en CP. Pour sa soeur de 14 ans, ce sera la 4e et si possible des cours de danse hip-hop - ce qui aurait été inconcevable en Irak, rit-elle.

Leurs parents espèrent entamer des formations pour travailler : esthétique ou coiffure pour Tahrir, 35 ans, mécanique automobile pour Ali, 34 ans.

Ces exilés que la France s'était engagée à accueillir, et qui ont été rapidement régularisés, logés, scolarisés. Quelques semaines après leur arrivée en France début septembre 2015, ils ont emménagé dans un appartement du Val-d'Oise, un ancien logement de fonction situé juste au-dessus de l'école d'Abdullah. 

Sur le mur du salon, ils ont affiché les photos où ils apparaissent en compagnie de François Hollande et du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, lorsque ces derniers étaient allés à la rencontre des réfugiés.

La famille Merkath s'estime mieux lotie que le frère d'Ali, réfugié en Allemagne, et celui de Tahrir, en Suède.


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