jeudi 6 avril 2017

Nice (06) : Akil, clandestin tunisien, massacre son ex-compagne Julie de 53 coups de couteau


DETECTIVE - [...]  Le destin a mis sur sa route un homme plus jeune qu’elle. Il n’a que 27 ans. Le dénommé Akil. Ce soir-là, Julie est sortie se changer les idées avec des amies, dans un pub du vieux Nice. Elle prend du bon temps, boit un peu plus que de raison. Et voilà qu’un inconnu s’invite à leur table. Grand, brun, le teint mat, il n’a d’yeux que pour elle. 

Tu es magnifique, lui dit-il. La plus belle femme que j’ai jamais vue ! Julie rit, mais le compliment lui met du baume au cœur. Elle a tellement besoin d’entendre qu’elle est encore belle, désirable, qu’à la fin de la soirée, elle part avec Akil. Le lendemain à son réveil, elle se demande probablement ce qui lui est arrivé, mais le garçon se montre charmant. Il a préparé le petit déjeuner. Il est aux petits soins pour elle. Amoureux.

Ils se revoient, bien sûr. Gentil, attentionné, il vient la chercher le soir à son travail, l’invite à sortir… Elle apprend ainsi qu’il est tunisien et qu’il n’a pas de travail. Et qu’il séjourne en France sans autorisation.

Qu’est-ce que tu es belle ! s’émerveille-t-il. Julie flotte sur un petit nuage. Elle l’invite à la maison, lui présente [son fils] Luc, avec lequel il dispute des parties animées sur la console de jeux… Le problème, c’est qu’après un mois d’idylle, Akil commence à se montrer possessif. Il parle déjà mariage ! Est-il à ce point épris de Julie – ou cherche-t-il plutôt à régulariser sa situation d’immigré illégal ? La question peut se poser et les amis de la jeune femme la mettent en garde : ce garçon a 16 ans de moins qu’elle, pas de travail, pas de papiers ! Ce n’est pas l’homme qu’il lui faut… Julie en est bien consciente. D’autant qu’il revient à la charge avec cette histoire de mariage. Il s’impatiente, essaie de la brusquer, de lui arracher un consentement… Si bien qu’un soir de fin février, dans un café, elle lui explique que c’est fini.

Mais tu sais, on peut rester bons amis. Akil repousse sa chaise, le visage fermé.
Tu ne sais pas ce que c’est de sortir avec un Tunisien, lâche-t-il. Moi, si on me quitte, je peux être dangereux ! Le lendemain même, Akil se met à la suivre. Quand elle part travailler, il marche à quelques mètres derrière elle. Quand elle va chercher Luc au collège, il est encore là. Elle se retourne, l’interpelle :

Qu’est-ce que tu fais ? Arrête ça ! Mais l’intimidation continue. Il rôde en bas de chez elle, surveille ses allées et venues, tambourine à sa porte presque tous les soirs. Et comme elle ne lui ouvre pas, il se poste sous ses fenêtres et l’insulte :
–Salope ! Sale pute !


Puis un soir de mars, on l’a vu, c’est l’angoisse, l’épisode de la porte défoncée… Dès le lendemain, la nouvelle porte est installée. Blindage tout métal, cinq points de fermeture. Julie a pris la bonne décision. D’autant que le Tunisien continue de la harceler, de la suivre dans la rue, à quelques pas ! Elle se sent en danger au point que, par sécurité, elle envoie Luc habiter quelque temps chez son père. Puis elle dépose une main courante au commissariat de Nice. Elle sonne aussi chez sa voisine de palier pour l’informer qu’elle est en train de vivre une séparation difficile…

Si jamais vous entendez du bruit chez moi, des choses anormales, n’hésitez pas à appeler la police… Le 17 mars au soir, un vendredi, une amie passe chercher Julie au cabinet dentaire, après son travail. Elles vont boire un verre ensemble, dans un bar du vieux Nice, puis la copine la raccompagne chez elle à pied. Arrivée devant son immeuble de la rue de Lépante, Julie lui dit à voix basse :
Tu ne l’as pas vu, mais depuis tout à l’heure Akil est derrière nous… II nous suit. Son amie insiste pour qu’elle vienne passer le week-end avec elle, mais Julie refuse.
—Ne t’en fais pas, lui dit-elle, au moindre problème, je t’envoie un texto, juste trois lettres, « SOS ». Et tu téléphones immédiatement au commissariat… D’accord ?
—D’accord. Les deux femmes se séparent. Preuve qu’elle n’est pas tranquille, Julie ne regagne pas son appartement par la porte principale. Elle passe par un petit café qui a sa terrasse dans la cour intérieure. Elle y boit une bière, seule, persuadée qu’Akil va surgir. Mais il ne se montre pas. Sans doute a-t-il rebroussé chemin. Rassurée, Julie Puzenat rentre chez elle.

Il est aux alentours de 22 h 30, ce même soir, quand la police de Nice reçoit l’appel affolé d’une femme.
Il faut que vous interveniez tout de suite rue de Lépante ! Mon amie est en danger de mort ! Elle vient de m’envoyer un texto « SOS » ! Le fonctionnaire de permanence a à peine le temps de noter l’adresse que le téléphone sonne à nouveau.
Venez vite rue de Lépante ! dit une autre femme, affolée. J’entends des cris dans l’appartement d’à côté ! Ma petite voisine est en train de se faire agresser par son ami ! Une patrouille part immédiatement. Une fois sur place, les policiers s’engouffrent dans l’immeuble, montent l’escalier quatre à quatre… En arrivant sur le palier du premier, ils entendent Julie appeler à l’aide. Ils arrivent à temps ! Ils tambourinent à la porte.
Police, ouvrez ! Aucune réponse, mais à l’intérieur la femme continue de crier. Deux des policiers tentent alors de faire céder le battant à coups d’épaule, mais il ne bouge pas d’un millimètre : il est blindé ! Les deux fonctionnaires se blessent à force d’insister, hélas il n’y a rien à faire… Il faut passer par l’extérieur, perdre de précieuses minutes à descendre dans la cour, trouver une échelle, escalader la façade jusqu’à la fenêtre…

Quand enfin un agent réussit à s’introduire dans le logement, il n’y a plus de cris. Julie est allongée au sol dans une mare de sang, morte. Et Akil se tient auprès elle, un couteau de cuisine sanglant à la main. Les sauveteurs arrivent trop tard. Terrible ironie de l’histoire, c’est la porte blindée, censée la protéger, qui a causé la perte de la jeune femme. Comme l’autopsie le révélera, son ex-amant s’est acharné sur elle, la frappant de sa lame à plus de dix reprises. Pourquoi Julie l’a-t-elle laissé entrer ? A-t-elle cru qu’elle allait réussir à le raisonner comme la première fois, le convaincre à nouveau de partir en s’excusant ? Si c’est le cas, la malheureuse s’est lourdement trompée. De cet affreux gâchis, reste aujourd’hui un garçon de 13 ans qui ne reverra jamais sa mère.


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