lundi 26 mars 2018

François Clémenceau dénonce le haut-commandement « trop blanc » de l’armée française


EUROPE 1 - Dix ans après l’adoption par le ministère de la Défense d’un Plan d’égalité des chances visant à favoriser l’ascension vers la haute hiérarchie militaire de jeunes issus de l’immigration, des outre-mer et des milieux défavorisés, le bilan est à l’inertie.

Si le plan d’égalité des chances dans les armées a été progressivement délaissé, ce n’est pas seulement pour des raisons budgétaires et en raison de la priorité accordée aux opérations extérieures en Afrique et au Levant. Mais c’est aussi, et parfois surtout, par une culture prégnante de l’entre soi au sommet de la hiérarchie. "La diversité dans l’armée est clairement un sujet mais si on en parle trop on risque d’en faire un problème", résume le contre-amiral Finaz. "Au risque de passer pour un militaire obtus, nous prenons la diversité que nous donne le pays, nous en sommes tributaires".

Pourquoi ne cède-t-il pas sa place de 
journaliste à un arabe ?

"Moi, je ne suis pas pour la promotion des noirs, des bleus ou des verts mais il faut bien qu’on aille plus loin que l’objectif de garnir les rangs", nous confie l’ancien capitaine de vaisseau et ex-porte-parole de Marine, Philippe Ebanga. D’origine sénégalaise, cet ancien pacha du BPC Tonnerre envoyé au large de la Libye en 2011 a toujours cru que sa carrière, toute en progression depuis l’Ecole navale, était due à ses seules performances. Sauf que l’ascension s’est arrêtée avant les étoiles de contre-amiral. "J’avais tous les prérequis. Il n’y avait pas de raison objective pour que je ne sois pas amiral", lâche-t-il amer.

"Le système actuel, fonctionnellement, a fait ses preuves. C’est comme la Légion étrangère qui est commandée par des blancs tandis que les autres manœuvrent. Qui s’en plaindrait?" Pourquoi en effet mettre en cause un système "efficace", en temps de paix comme en guerre? Qui irait se plaindre qu’un général n’a pas reçu une étoile supplémentaire même si le haut gradé en question pense que c’est à cause de sa judéité, "parce qu’il a le sentiment de ne pas faire partie de la famille", ou tel autre parce que son épouse est protestante ou celui-ci encore parce que sa mère est tzigane?


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