vendredi 27 avril 2018

Juifs et Arabes, descendants d'Abraham ?

     

En 2010, Harry Ostrer, directeur du programme de génétique humaine de l'université de New York, aux Etats-Unis, a mesuré la proximité génétique des différentes communautés juives actuelles, en comparant l’ADN de 237 Juifs volontaires dans le monde avec 2 800 non-Juifs de nationalités diverses. 

Premier constat : il existe bien des séquences d’ADN spécifiques aux populations juives de par le monde. Second constat : « Toutes ces populations semblent avoir une même ancestralité commune typique », a pu établir Shai Carmi, chercheur en génétique des populations pour l’université de Jérusalem, en Israël. Et en remontant dans l’arbre phylogénétique des populations juives, il est apparu qu’elles partageaient aussi une ancestralité commune, plus ancienne celle-là, avec les peuples arabes du Moyen-Orient. Depuis quelques milliers d’années. Voilà qui met sur les traces d’Abraham, puisque la Bible en fait le père de ces deux peuples il y a environ 4 000 ans. 
  
En 2014, Anatole Klyosov, professeur de biochimie à l’Académie de généalogie ADN de Moscou en Russie, a réussi à préciser la chronologie. Lui s’est focalisé sur une séquence génétique du chromosome Y particulièrement répandue au sein des populations juives et arabes, un haplogroupe nommé J1. A l’instar de l’ADN mitochondrial, ces séquences particulières sont très pratiques pour les études génomiques, puisqu’elles sont transmises quasiment à l’identique de génération en génération, à de rares mutations ponctuelles près. C’est justement en comparant ces mutations ponctuelles chez les Juifs et les Arabes que le chercheur russe a pu estimer que ces deux lignées s’étaient séparées il y a 4300 ans (plus ou moins 500 ans). C’est donc à cette date qu’exista le dernier porteur ancestral de cette séquence partagée par les deux peuples. 

De fait, la chronologie génétique est compatible avec celle de la Bible. « Oui, mais ce n’est pas l’unique porteur, prévient le chercheur. Il faut avoir présent à l’esprit que les populations sémites partagent d’autres haplogroupes provenant de chromosomes Y différents et donc d’autres ancêtres communs. La réalité génétique est donc plus complexe que l’histoire biblique. Là où l’Ancien Testament parle d’une seule famille, l’ADN indique qu’une population s’est lentement scindée, culturellement d’abord, génétiquement ensuite. »

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